J'ai vu plein
plein de couleurs neuves

sais-tu que le saule noir 
s'est revêtue de sa jupette vert tendre
que le saule pleureur toujours un peu échevelé
dans sa belle chevelure d'ange
s'amuse avec les caresses du vent
sais-tu que le chêne 
couvert de boutons
sous son air fort et viril
se sent tout timide
sais-tu que l'érable
adolescente coquette
à peine bourgeonne-t-elle
que déjà le mélèze
s'habille de frou frou
l’œil désapprobateur
le  sapin trop pudique
allonge une fois de plus
sa robe éternelle
sais-tu que le cerisier
se marie en robe blanche
toute fleurie
que merisiers  pommiers
et quelques amis fruitiers
jouent à la bouquetière parfumée
non ! je n'ai pas vu le lilas
sa robe est encore
chez le couturier
mais j'ai vu plein
plein de couleurs neuves

as-tu vu les oiseaux
ils viennent sûrement pour la noce
plumages colorés
langage soigné
tiens ! en voilà un
tout de jaune vêtu
serait-ce le chef d'orchestre?
tout est neuf !...tout revit !
c'est mon printemps
 

je suis saule
saule pleureur exposé aux caprices du vent
mon regard droit et haut
perce le bleu
trop bleu d'un ciel trop pur.
j'entends rire le vent
j'entends mon rire dans le vent
m'entends-tu rire?
entends-tu le vent ? 

  tiré du recueil L'Instant Démesuré,

Sincères remerciements à Gertrude Millaire pour m'avoir permis de mettre ce poème sur mon site.  Je vous invite à en découvrir d'autres en consultant:  Vers l'écho du rêve

 

 

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5 avril 2000