Le mage d’amour

Chaque soir, le ciel étreint la terre voluptueusement
chamarrant sur l'eau ses volutes blanchâtres.
Tandis que collines et arbres folâtrent en surface
un calme étrange envahit l'espace;
le temps s'arrête un bref instant...


C’est l’heure bénie des amants retrouvés,
l’infernale des sans-abri,
la muette de l’enfance craintive,
la blanche du vieillard assoupi.


Sortant de sa torpeur, le ciel brandit
son sceptre nocturne et ranime
les fantômes d'un marcheur solitaire:


Fils du soleil, fille de la terre,
androgyne cosmique, mutilé sphérique,
il avance à tâtons dans la nuit
trompeuse, à la recherche de son étoile.


Le regard tourné vers l’abysse lactée
il hurle en silence:
«Où es-tu,mon étoile vert-douceur,
ma fleur d’azur givrée, ma tessère,
mon unité sidérale, mon mage d’amour?


Ton soleil, fleur de chagrin, s'accroche aux nuages.
Ton eau claire et séductrice,
miroir terni de brumeuses réalités,
piège de vampires séraphiques
se trahit par leur vide nauséeux.


Ces nuits, ensevelies sous un tapis noir et glacial,
où tu chavirais emportée par le courant,
cultivent des images complaisantes au carrefour du
marcheur paumé". . .

Pier de Lune

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Image en titre à partir d'une photo de :Suzanne

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20 janvier 2005